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Nanomatériaux…la précaution préconisée…

31 mars 2010
Les développements industriels rapides des nanotechnologies suscitent de multiples interrogations quant à leurs enjeux sanitaires, environnementaux et sociaux. Une expertise publiée le 24 mars par l’afsset (Agence française de sécurité sanitaire) a tenté d’évaluer les risques liés à la diffusion de nanomatériaux  pour la population générale et pour l’environnement.

Cette évaluation a identifié plusieurs centaines de produits de grande consommation contenant des nanomatériaux : textiles, cosmétiques, alimentaires, équipements sportifs, matériaux de construction …

Parmi ceux-ci l’Afsset a évalué 4 produits en particulier : la chaussette antibactérienne (nanoparticules d’argent), le ciment auto-nettoyant, le lait solaire (nanoparticules de dioxyde de titane) et la silice alimentaire à l’état nanométrique, utilisée dans le sel ou le sucre.

Résultat ?

Dans les nano-chaussettes, des nanoparticules d’argent sont intégrées aux fibres pour éliminer les mauvaises odeurs. L’expertise conclut que, « pour l’homme, l’exposition cutanée est non négligeable », même si « les risques sanitaires ne peuvent pas être estimés ».

Le passage de la barrière cutanée pourrait être facilité en cas de peau endommagée. Or ces particules peuvent induire un « stress oxydant » provoquant une altération des cellules.

Quant à l’impact environnemental, l’agence calcule, sur la base d’un Français sur dix converti aux chaussettes antitranspiration et de 10 paires achetées par an, que leur lavage entraînerait le relarguage annuel de 18 tonnes de nanoargent dans les milieux aquatiques. Une dispersion qui « devrait faire l’objet d’une attention particulière », le caractère biocide de ces particules présentant « un danger avéré chez certaines espèces animales ».

Concernant le ciment auto-nettoyant contenant du dioxyde de titane, « le risque, s’il ne peut pas être évalué, ne peut pas être exclu en particulier chez les personnes souffrant d’une pathologie respiratoire ».

Des inflammations pulmonaires et des tumeurs ont été déclenchées chez des rats, avec de très fortes doses, il est vrai. L’action sur les écosystèmes, où l’usure des bâtiments entraîne une dissémination du dioxyde de titane, reste très mal connue. Des œdèmes des filaments branchiaux ont été observés chez des poissons.

Le cas des crèmes solaires : C’est encore du dioxyde de titane nanométrique qui entre dans la composition des crèmes solaires comme agent filtrant les rayons ultraviolets. Les fabricants ont toujours affirmé que ces nanoparticules ne franchissent pas la barrière cutanée. Or, relève l’Afsset, « certaines études récentes montrent qu’elles peuvent se retrouver dans la couche profonde de l’épiderme ».

Les peaux lésées (blessées, allergiques ou brûlées), ou celles des enfants sont particulièrement vulnérables. Chez des souris, ces particules peuvent atteindre la rate, le cœur et le foie, et causer des lésions pathologiques. Les rejets dans le milieu naturel sont estimés, pour la France, à 230 tonnes par an, mais l’impact de ces substances, dans leur formulation cosmétique, reste à étudier.

Quant au sucre en poudre, le consommateur ignore qu’il peut – comme le sel de table – contenir de la nanosilice évitant l’agglomération des grains.

Les éventuels dangers sanitaires de cet additif sont inconnus. Chez le rat, une administration orale à forte concentration peut avoir des effets toxiques sur le foie. Pour les écosystèmes, il n’existe aucune donnée.

Dans ses conclusions l’Afsset souligne donc la grande difficulté pour identifier les produits contenant des nanomatériaux manufacturés et pour avoir accès aux données qui les caractérisent.
Pour les quatre cas étudiés, l’Afsset conclue que bien qu’il y ait des indications de l’existence de danger potentiel pour certaines nanoparticules, le manque de données (métrologiques, toxicologiques, etc.) ne permet pas d’estimer correctement le risque associé. Ce risque ne peut donc pas théoriquement être exclu.

Compte tenu de ce risque l’Afsset préconise d’agir sans attendre au nom du principe de précaution et avance les préconisations suivantes :

  • Rendre obligatoire la traçabilité des nanomatériaux.
  • La mise en place un étiquetage clair qui mentionne la présence de nanomatériaux dans les produits et informe sur la possibilité de relargage à l’usage.
  • D’aller jusqu’à l’interdiction de certains usages des nanomatériaux pour lesquels l’utilité est faible par rapport aux dangers potentiels.
  • L’harmonisation des cadres réglementaires français et européens pour généraliser les meilleures pratiques : déclaration, autorisation, substitution. En particulier, une révision de REACh s’impose pour prendre en compte les nanomatériaux manufacturés de manière spécifique et quel que soit leur tonnage.

L’agence souligne particulièrement l’importance et l’urgence de mettre en œuvre une méthode spécifique d’évaluation des risques sanitaires adaptée aux nanomatériaux à même de faire progresser les connaissances sur les expositions et les dangers potentiels des nanomatériaux. En effet, aujourd’hui, seules 2% des études publiées sur les nanomatériaux concernent leurs risques pour la santé et l’environnement.

Elle engage pour cela à une mise en réseau entre organismes européens et internationaux à travers par exemple le projet européen « nanogenotox » lancé le 18 mars.  Pour rappel, ce programme, d’une durée de trois ans, vise à fournir à la Commission européenne  »une méthode alternative, robuste et fiable de détection du potentiel génotoxique des nanomatériaux susceptibles d’engendrer un risque de cancer ou de toxicité pour la reproduction chez l’homme ».

L’étude complète de l’AFSSET

Vigilance oblige…. renseignez-vous!!!!

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