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La boite à outils des patrons malins

30 novembre 2009

Article de Guillaume Duval, paru en janvier 2009.

  • Bonus. Les managers touchent une bonne part (un tiers en moyenne dans le SBF 120 en 2007) de leurs rémunérations sous forme de bonus, théoriquement liés aux performances des entreprises. On constate cependant que ces bonus ne baissent guère pendant les périodes de vache maigre: il suffit pour cela de changer les règles du jeu. Jean-Marie Messier était un champion dans ce domaine quand il était à la tête de Vivendi Universal.
  • Stock-options. Droit accordé à un manager d’acheter dans le futur des actions de l’entreprise à un prix fixé au départ. Ce qui est censé le motiver pour accroître la valeur de l’action, puisque c’est ce qui lui permettra de réaliser une plus-value en revendant lesdites actions. Mais souvent ces options sont offertes avec un rabais important par rapport au prix présent de l’action, ce qui limite beaucoup le risque. Et quand les actions baissent, les conseils d’administration acceptent volontiers de modifier le prix d’exercice des options. Serge Tchuruk, ancien patron d’Alcatel, était un spécialiste de ce sport. Sans compter les nombreux cas où les attributions de stock-options ont été antidatées pour profiter de la hausse intervenue entre-temps. Les managers ont aussi souvent recours aux produits dérivés pour garantir leurs gains futurs sur les stock-options. Ce qui vide l’outil de son sens. Cerise sur le gâteau: aucunes cotisations sociales et une fiscalité très avantageuse (16 % seulement si les actions sont revendues six ans après que les stock-options ont été accordées.)
  • Parachutes dorés. Les managers ne sont généralement pas des salariés comme les autres, mais des mandataires sociaux. A ce titre, ils n’ont pas droit aux allocations chômage habituelles ni aux indemnités de licenciements prévues par les conventions collectives. D’où l’existence de conventions particulières pour leur garantir un pécule quand ils se font virer. Le niveau souvent faramineux de ces « indemnités » (voir encadré page 50) a cependant suscité une incompréhension croissante.
  • Retraites chapeaux. Les entreprises souscrivent pour leurs dirigeants des retraites dites « surcomplémentaires ». Elles viendront s’ajouter à celles qu’ils toucheront de la Sécurité sociale et des régimes complémen-taires auxquels ils ont cotisé au cours de leur vie de travail. Le niveau souvent très élevé des rémunérations perçues à ce titre a soulevé de nombreuses polémiques. La justice a ainsi annulé, en octobre 2008, la retraite chapeau que touchait Daniel Bernard, ancien PDG de Carrefour, gratifié chaque année de 1,2 million d’euros…
  • Actions gratuites. C’est le dernier né (2005) des outils de rémunération des PDG gourmands. Il se substitue de plus en plus aux stock-options qui ont désormais mauvaise presse (voir graphique ci-dessus). Il présente deux avantages par rapport à celles-ci. Tout d’abord, quand le cours de l’action baisse, le PDG perd quelque chose alors qu’avec des stock-options, il ne gagnait plus, mais ne perdait rien. De plus, pour un même avantage financier, l’entreprise a besoin d’accorder moins d’actions (puisqu’elles sont gratuites) que de stock-options (l’avantage est alors seulement la différence entre le prix de l’option et le prix de l’action). Ce qui implique une augmentation moindre du nombre des actions en circulation et donc une dilution moindre des bénéfices (pouvoir et dividende) qui y sont rattachés.
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