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« Droits des travailleurs… LIQUIDATION TOTALE ? »

19 novembre 2009

Le collectif Éthique sur l’étiquette, en lien avec la Clean clothes campaign, lance une nouvelle campagne d’interpellation des distributeurs français. Il enjoint Auchan, Carrefour, Casino et E.Leclerc à garantir le respect des droits humains fondamentaux des ouvrier(e)s de leurs usines de confection à travers le monde.

Le succès financier, non démenti malgré la crise économique, des entreprises de la grande distribution généraliste repose sur une recette bien éprouvée : des volumes de vente considérables et une pression extrême sur leurs fournisseurs. Leurs filières de confection textile ne dérogent pas à la règle. En bout de chaîne, ce sont les ouvrier(e)s employés dans les usines qui en payent le coût : salaires en deçà du minimum vital, durée du travail excessive, liberté syndicale entravée, précarisation extrême…. car c’est le prix à payer pour que nous profitions des supers promotions de 2 jeans pour 15€.

* Le rapport intégral est ICI

* Citoyens, consommateurs, salariés, que faire ? c’est ICI

* Diffuser le Guide des acteurs citoyens, c’est ICI

* Tout savoir sur la campagne « droits des travailleurs », c’est ICI

En tout cas, l’idée n’est pas de culpabiliser les consommateurs…juste leur faire prendre conscience que la bonne affaire, c’est surtout pour les distributeurs…. Petite demonstration pour le jean !

En 2001 est paru dans THE GUARDIAN un article qui a ensuite été repris, traduit et publié dans courrier international du 02/08/2001, Numéro 561 par Fran Abrams et James Asill.
Le tour du monde d’un jean, où le périple du denim (toile jean) : depuis le coton béninois jusqu’à l’assemblage en Tunisie, en n’oubliant pas le cuivre namibien.

« Dans le centre commercial d’Ipswich, dans l’est de l’Angleterre, une pancarte vante des « Grandes marques à 30€ . Juste un jean, se nichant parmi des dizaines d’autres identiques : Un Lee Cooper, modèle LC10- 100 % coton.

Mais aucune mention de l’origine, ce qui est sans doute tout aussi bien, car que mettre si on la connaissait vraiment ? « Fabriqué en Tunisie, en Italie, en Allemagne, en France, en Irlande du Nord, au Pakistan, en Turquie, au Japon, en Corée du Sud, en Namibie, au Bénin, en Australie et en Hongrie » ?  Car cette boutique est le terminus d’un voyage dont les étapes, mises bout à bout, feraient une fois et demie le tour du monde.
Ces jeans sont arrivés ici il y a quelques jours dans une camionnette depuis l’entrepôt de Lee Cooper au nord de Londres. Auparavant, il avait traversé la Manche par le tunnel, dans un camion parti d’un entrepôt similaire à Amiens et, avant cela encore, avait quitté la Tunisie par train et par bateau. Il venait de Ras Jebel plus précisément, à une bonne heure de route au nord de Tunis, une petite ville de 3 000 âmes, banale, tranquille et poussiéreuse, qui ne compte pas moins de trois usines fabriquant des vêtements Lee Cooper. Ici, 500 femmes travaillent à un rythme effréné, les yeux baissés, tous les muscles du corps tendus. Chacune a sa spécialité : fermetures Éclair, poches, coutures latérales, ourlets. Mais cet atelier, cette petite communauté d’ouvrières, ne signe pas le début de notre pantalon. En un sens, il en marque plutôt la fin : la destination.

Il y a, par exemple, cette toile rigide, d’un bleu sombre, le denim Kansas. Il arrive à Ras Jebel par les voies terrestre et maritime, en provenance de l’usine Italdenim de Milan, à près de 1 000 kilomètres de là, où il a été filé, tissé et teint avec de l’indigo synthétique manufacturé à environ 500 kilomètres plus au nord, à Francfort, en Allemagne.  A Ras Jebel, on le coupe, le coud et le transforme de nouveau, cette fois en un tissu doux et agréable à porter, dans de gigantesques machines à laver industrielles, en utilisant de la pierre ponce extraite d’un volcan éteint deTurquie.

Et qu’en est-il du coton qui sert à fabriquer la toile ? Italdenim compte plusieurs sources d’approvisionnement,  la
principale étant le Bénin, en Afrique de l’Ouest.  Ainsi, après avoir parcouru plus de 4 000 kilomètres en direction du
nord, vers Milan, ce coton refait le chemin inverse, plusieurs centaines de kilomètres vers Tunis, avant de repartir de
nouveau vers le nord, pour se rendre en Angleterre.
Le Bénin est l’un des pays cultivateurs d’Afrique de l’Ouest.  En raison de la corruption et de la mauvaise gestion, les
cultivateurs sont pour la plupart restés aussi pauvres qu’il y a cent ans, lorsque les Français ont introduit cette culture dans la région.  Nous voici sur les 3 hectares appartenant à Nestor Zinkponon, au village de Saklo Agoume, dans le centre du pays. Aux moments les plus chargés de la saison, lors des semailles et de la cueillette, 48 personnes travaillent dans ces champs pour 1€ par jour.  Ces dépenses mettent Nestor Zinkponon à la merci de la moindre mauvaise récolte.
L’année dernière, les pluies du début de saison ne sont pas tombées, et l’engrais fraîchement épandu a été emporté par les vents. En conséquence, il a réalisé à peine 23€ de bénéfices sur une tonne et demie de coton – de quoi s’acheter une
jambe d’un Lee Cooper LC10.
A Tunis, le coton béninois n’est pas le seul qui entre dans la fabrication de nos jeans.  Il y a aussi celui de Corée du Sud
ou du Pakistan, filé et traité par la chaleur dans ce dernier pays.  Il y a aussi le, ou plutôt les fils à coudre en coton – ils
sont produits à Lisnaskea, en Irlande du Nord, mais aussi en Hongrie et en Turquie. Ils sont teints en Espagne et mis en bobine à Tunis, avant d’être expédiés à Ras Jebel.

L’entreprise achète la fibre polyester, qui donne au fil sa solidité, au Japon, où on la fabrique avec des produits pétroliers.  Tout comme la bande en polyester de la fermeture Éclair qui, par une pure coïncidence, est produite en France par une autre firme japonaise, YKK.

Le laiton des dents de la fermeture provient également du Japon. Le laiton est un alliage composé principalement de cuivre avec un peu de zinc. Les rivets et une partie des boutons sont aussi en laiton. Ils sont fournis par Prym, une entreprise allemande qui produit son propre laiton avec du zinc et du cuivre importés d’Australie et de Namibie. »

Une fois le périble de la fabrication terminé, le jean va être conditionné, transporté, stocké, reconditionné, retransporté…jusqu’au distributeur final. Autant de manipulations qui nécessitent du transport et de la main d’oeuvre !

Alors on a du mal à comprendre ou plutôt on a du mal a imaginer comment un jean peut être vendu dans les hypers  à 7,5€ … il ne faut pas s’appeller Einstein et être un as du calcul pour se dire que le compte n’y est pas ou alors sans être un prix nobel d’économie, que si le compte y est, cela signifie qu’il y a un gros malaise…

Lorsque l’on regarde les slogans utilisés par la grande distribution on comprend bien leur intérêt  …que le consommateur soit positif pour consommer plus et pour ce faire,  il y a un moyen imparable  : baisser les prix !!…

C’est donc au consommateur d’agir et de devenir un consommacteur ….

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