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Erika l’appel…une question de responsabilité …

11 novembre 2009

1257875065Depuis le 5 octobre a débuté le procès en appel de Total  quant à sa responsabilité dans le  préjudice écologique causé par le nauffrage du bateau poubelle « Erika ».

«Vous êtes responsables du préjudice écologique dont on vous demande réparation à juste titre» a accusé l’avocate générale Françoise Mothes,  mardi 10 novembre dans son requisitoire, estimant que Total «ne pouvait ignorer que l’Erika était potentiellement dangereux».

Sa responsabilité, c’ est justement ce que Total rejette; il suffit d’aller sur la partie du site institutionnel de Total consacré à l’affaire pour comprendre que Total ne se sent aucunement responsable: vidéo à l’appui, Total explique sa version des faits… voir directement leur site ICI.

Désavoeu de responsabilité ou aveu de culpabilité… la posture de Total dans cette affaire est assez incompréhensible d’un point de vue stratégique. Autant on peut comprendre la position de leurs avocats, pour qui Total s’avère être outre une vache à lait, certainement un véritable challenge de plaidoyeries, un safari de la cause perdue …. autant, sur la problèmatique de fond, la position de Total est indéfendable – c’est comme si Total adméttait délèguer sa responsabilité à ses parties prenantes dès lors que le groupe ou ses filiales achètent une prestation extérieure….posture inquiétante   !!!

Alors on s’interroge sur le bourbier dans lequel est englué Total depuis maintenant dix ans … car l’issue de ce procès est une catastrophe annoncée pour Total.  On finit par se dire que l’aveu de responsabilité aurait été la meilleure riposte face à la culpabilité prononcée lors du premier jugement et qui sera très certainement confirmée dans les jours à venir dans le verdict du procès en appel.

Cependant on peut s’interroger sur la leçon que tirera Total de ces jugements, car être reconnu coupable et se sentir coupable, c’est-à-dire reconnaître sa faute, ce sont deux choses différentes. Jacques Lacan  disait « qu’il y a deux façons d’être dans la pathologie, l’une est de ne pas sortir de la culpabilité et l’autre de ne pas y entrer. Ne pas en sortir,  c’est la névrose ; mais ne pas y entrer, c’est la psychose ! De ce point de vue, une culture où une partie importante de la population n’entre pas dans le sentiment de culpabilité est plutôt à considérer comme psychotique que névrotique. C’est beaucoup plus grave… ! »

Dans le cas de Total,  en tant que personne morale, la négation de culpabilité l’inscrit dans plusieurs paradoxes. Plus généralement, on peut  s’interroger sur le sens que Total donne à ses engagements à travers les actions qu’elle mène via sa fondation d’entreprise d’une part,  ou au titre de sa responsabilité sociale et environnementale-développement durable d’autre part.  Total peut apparaître dès lors comme schizophrène ou bien alors comme développant une forme de cynisme des temps moderne, qu’elle juge indispensable pour assurer son essort ; dans sa vision, la profitabilité se heurte à la responsabilité et son éthique  n’est qu’un argument réthorique commercial…….du haut de leur empire, ils sont les nouveaux barbares …

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