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9000 km pour un yaourt à la fraise….

2 novembre 2009

yaourt-fraise-002Selon la thèse soutenue par l’étudiante allemande Stéphanie Böde en 1993, le transport nécessaire à la mise en rayon d’un yaourt aux fraises produit par une coopérative de Stuttgart se répartit comme suit. Les ingrédients (lait produit à une distance moyenne de 36 km de la coopérative, fraises récoltées en pologne à 1246 km, sucre raffiné à 72 km à partir de betteraves situées à 35 km de la raffinerie, ferments produits à 917 km) ont ainsi parcouru « 2306 km avant d’arriver à la coopérative. L’emballage (verre produit à 260 km à partir de sable et de zinc extraits à 546 km, couvercle en aluminium produit à 304 km à partir de bauxite extraite à 560 km, étiquette imprimée à 314 km sur du papier qui a déjà parcouru 634 km et collée avec un produit qui a fait 419 km) a lui parcouru 3037 km, et le conditionnement pour le transport (cartons fabriqués à 647 km, fermés par une colle produite à 734 km et conditionnées en lots recouverts de films plastiques importés de France (408 km), lots transportés dans du carton ondulé fabriqué à 55 km à partir de cartons importés d’Autriche (1048 km)) représente 2892 km supplémentaires. Au total, si l’on ajoute 668 km de distance moyenne entre la coopérative et les points de vente, le yaourt aux fraises aura parcouru une distance effective de 9000 km, soit 13 fois la distance qui sépare son lieu de production de son lieu de consommation.

Bien entendu on peut faire les mêmes calculs avec quasiment l’ensemble des biens de consommation que nous utilisons au quotidien,  le yaourt à la fraise illustre parfaitement les effets de la mondialisation des entreprises et de la délocalisation des activités.

Délocalisation, un mode de développement lié à une recherche de diminution des coûts sur les matières premières, la main d’œuvre, les taxes locales, les impôts, mais aussi,  sur certains enjeux liés aux contraintes administratives et en particulier à l’environnement.

Cependant, lorsque l’on reprend le cas du yaourt à la fraise,  on peut quand même se poser la question de l’efficacité et de la soutenabilité d’un tel modèle. Quels effets  à court, à moyen et  à long terme, que ce soit d’un point de vue économique, social et environnemental ???

Difficile de donner du sens aux nouvelles géographies de l’économie de marché….

Certains parlent alors de relocaliser l’économie et les activités de production, de redonner du sens au « lieu », de réinventer une vie territorialisée, de consommer local…. le slogan de décroissance est lancé…on parle bien de slogan et pas d’idéologie ….réhabiliter nos territoires en traduisant « penser global, agir local ».

La relocalisation, loin d’être une utopie – certains avances des pistes concrètes qui pourraient ou font déjà l’objet d’expérimentation :

Par exemple :

  • Encourager des filières d’importations qui permettent aux populations de valoriser leurs productions locales.
  • Favoriser l’installation de marchés au sein des agglomérations.
  • Freiner l’étalement urbain et pousser les agglomérations urbaines à mettre en place des établissements publics fonciers agricoles.
  • Relocaliser et se réapproprier les outils de transformation, ici et ailleurs.
  • Mettre en place des plates-formes permettant le stockage et la valorisation nécessaires du produit.
  • Repenser les politiques d’urbanisme afin de freiner l’étalement urbain et d’en finir avec les politiques de spécialisations en terme de zonage (logement, commerce, activité).
  • Inverser la logique induite par les produits agro-industriels et la junk food qui dispense de faire de la cuisine. Aménager les modes de vie pour permettre aux ménages d’apprendre à conserver et transformer les fruits et légumes de saison et adapter leur régime alimentaire en mangeant moins de viande.
  • Construire des logements sociaux comportant des petites parcelles de terre pour cultiver ses légumes.
  • Encourager la plantation d’arbres fruitiers dans les espaces publics. (source bretagne ecologie)
  • Développer les monnaies locales,  complémentaires de la monnaie traditionnelle – une façon de donner ou renforcer l’économie locale.  La monnaie locale vise uniquement à favoriser les échanges de proximité permettant de soustraire les prestations locales à la TVA qui fonctionne alors comme droit de douane pour les importations marchandes.  Certaines expérimentations sont en cours en l’occurence via le réseau SOL.
  • Créer des coopératives municipales…. l’objectif étant de développer la coopération locale, hors concurrence immédiate, et ce sont des coopératives municipales car leur fonctionnement est assuré par la municipalité et soumis au débat politique local, dans des rapports de face à face. etc…

Ce ne sont pas les propositions qui manquent… il y a  matière à débattre …  à expérimenter, à contribuer à trouver un modèle de développement soutenable qui prenne en compte le bien commun.

« Le concept de soutenabilité est né sous le double signe du recul de la pauvreté et de la préservation des écosystèmes pour garantir la justice à l’égard des générations actuelles et futures. Il devient crédible et opérationnel si trois principes sont respectés : responsabilité à l’égard des systèmes vivants,  solidarité à l’égard de tous les êtres humains et économie des ressources naturelles et du travail humain. Tel n’est pas le cas du régime d’accumulation financière qui prévaut dans le monde aujourd’hui et qui rend la soutenabilité impossible parce qu’il tend à accroître constamment le niveau d’exigence de rentabilité servie aux détenteurs du capital. Il ne peut en résulter qu’un affaiblissement de la position des travailleurs (insoutenabilité sociale) et une difficulté croissante à investir dans des processus de production non destructeurs (insoutenabilité écologique). »

 

 




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