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Le scandale de l’EURO 2016 (bis repetita…)

8 mai 2016

logo_36Les européens s’étaient émus de ce que les Google, Microsoft, Facebook et autres Starbuck ne paient pas d’impôts en France ni dans leurs pays d’exercice alors qu’ils y génèrent de confortables bénéfices.
À quand le même émoi, en France, vis-à-vis de l’UEFA et de son Euro 2016 ?

L’État français, c’est-à-dire vous, moi… auront acquitté rien moins que 2,8 milliards d’euros de dépenses pour accueillir l’Euro 2016 et se conformer à ce qui se révèle être de véritables diktats de l’UEFA comme, par exemple, les zones franches commerciales autour des stades à son usage et bénéfice exclusif et plus de 800 pages de cahier des charges.

Les bénéfices de l’Euro 2016 s’élèveront à 1 milliard d’euros, vite fait rapatriés en Suisse, et ne seront pas imposés !
Et je passe sur les 6.500 bénévoles qui bossent gratuitement pour cet UEFA sans que ni l’URSSAF, ni les DIRECCTE, ni les services fiscaux n’y trouvent à redire.

On regardera avec intérêt, à ce propos, le reportage proposé sur Arte ici : http://info.arte.tv/fr/quand-le-foot-impose-sa-loi-0 (où l’on voit notamment Dany le Rouge (?) abonder sans broncher…).

Quel Guantánamo pour la France ?

9 décembre 2015

La Martinique ?
La Réunion ?
Saint-Pierre et Miquelon ?
Nouméa, ancienne terre de relégation ?

Ce décembre 2015, le gouvernement demande le feu-vert du Conseil d’État afin de pouvoir recourir à l’internement administratif des personnes fichées « S ». (Il y a 20.000 personnes fichées en France dont 10.500 pour des raisons liées à une radicalisation islamiste).
Faux-cul, il argue que la proposition est issue de l’opposition.

Traditionnellement, en France, ce genre de pratiques ne sent pas très bon. Les pouvoirs doivent rester séparés.

(cf. Le Monde.fr | 09.12.2015 Le Conseil d’État sondé sur des centres de rétention pour les personnes fichées « S »)

Le scandale des « bénévoles » de l’EURO 2016

20 novembre 2015

La mise en perspective de l’éthique, notamment le désintéressement, propre à l’engagement bénévole et les investissements et profits générés par l’EURO 2016 révèle une confusion des genres dans le « Programme Volontaires de l’UEFA EURO 2016 » lancé au mois de mai 2015… mais une excellente opération financière pour les cadres du football français!

Le site associé au programme recrute des « bénévoles-volontaires » sans lesquels « l’organisation de l’UEFA EURO 2016 serait impossible », affirme Albert Gemmrich, président de l’Association Volontaires 2016, association dédiée créée pour l’occasion.

Le bénévolat est généralement perçu comme un don actif et gratuit de son temps au bénéfice d’une cause humaniste, désintéressée, relevant d’un intérêt général, d’un bien commun.

La référence au bénévolat et à ses valeurs donne à l’UEFA un commode vernis d’engagement social, à peu de frais. Son recrutement de bénévoles relèverait ainsi d’une action pour le bien commun. Comment refuser ?
Le blanchiment d’image est bienvenu en ces temps tumultueux pour les instances du football. Greenwashing, socialwashing… où le scandale s’arrêtera-t-il ?

Parallèlement à « bénévole« , le site de recrutement de l’UEFA utilise celui de « volontaire« . Comme le bénévole, le volontaire UEFA n’est pas rémunéré, ni ne reçoit de compensation (pas de place en gradin réservées pour les rencontres, par exemple).
Un volontaire peut bénéficier cependant de plusieurs statuts aujourd’hui en France. Les volontaires qui seront recrutés par l’UEFA ne bénéficieront pas, eux, d’un quelconque statut (cf. la FAQ : http://www.volontaires.euro2016.fr/fr#faq Rubrique Inscription – Recrutement).

Bénévole ? Volontaire ? Travailleur gratuit !

Les missions sur lesquelles seront mobilisés les bénévoles sont nombreuses, variées, et requièrent souvent une qualification certaine : «diffusion, développement durable (sic), technologies de l’information et de la communication, services techniques et infrastructures temporaires, activités logistiques, services aux spectateurs, accréditations, cérémonies, transport événementiel, billetterie, organisation des matches, hospitalité, services aux VIP, gestion des volontaires, zones des supporters, services aux médias et activités médias, activités marketing»…
Ainsi, des travailleurs apporteront une contribution gratuite dans tous les secteurs clé de la machine EURO 2016.

« La France (sic) a besoin de 6.500 bénévoles » déclarait à La Provence (13 juin 2015) une préposée à leur recrutement.
Eh bien, non ! La France n’a pas besoin de cela. Surtout en cet automne mortifère.

Plus de 2,5 millions d’euros économisés sur le dos des bénévoles

Sur le plan économique, on peut se livrer à un calcul de base à propos du travail gratuit apporté par les « bénévoles / volontaires » requis par l’UEFA.
Sur l’hypothèse de 2 jours de 8 heures de prestations rétribuées 1,5 fois le SMIC, ce travail peut être valorisé comme suit (9.61 €/h en 2015, ce qui est très largement sous-estimé pour certains jobs, notamment en technologies de l’information).

Salaires brut : 6500 x 2 x 8 x 1,5 x 9,61 = 1.499.160 €
Salaires brut & indemnités légales : 1.499.160 x 1,10 = 1.649.076 €
Salaires brut de brut (« coût employeur ») : 1.649.076 x 1,45 = 2.391.160 €

Ce montant ne tient pas compte des bénévoles/volontaires qui sont chargés du recrutement des « bénévoles de base » depuis plusieurs semaines déjà.

Coup-double, et chapeau l’équipe marketing ! L’UEFA lisse son image par emprunt à des valeurs unanimement reconnues comme altruistes et économise par là-même plus de 2.500.000 €.

Le spectacle, spectre pensé par Guy Debord, est à l’œuvre. La propagande avance masquée, parée de valeurs qui ne sont pas les siennes…

Bernard Beck
Président de Développement Solidaire

130 pages pour un avenir radieux

24 mai 2012
Grand Capricorne

Le Cerambyx cerdo ou Grand Capricorne

Emmanuel Delannoy y croit. Notre monde n’est pas encore perdu; il peut être rendu plus beau, plus harmonieux, plus agéable à vivre, maintenant et pour les générations futures.

Infatigable zélateur de la biodiversité, l’auteur de « L’économie expliquée aux humains » porte une réflexion et une parole d’espoir construites sur des idées simples… mais pas simplistes. Il n’est pas question pour lui de revenir à un éclairage à la bougie!

Lisez ces 130 pages à l’évidence lumineuse. Vous pourrez y appréhender les  différents enjeux auxquels l’humanité est aujourd’hui confrontée et nourrir votre réflexion sur nos devenirs potentiels.

Sur l’économie, l’intelligence collective, le biomimétisme, la fin du pétrole, les « services » rendus par la nature, l’écologie industrielle… – Emmanuel Delannoy, sous l’identité de Cerambyx cerdo – ou Grand Capricorne, ce grand insecte venu de la nuit des temps -, renverse nos perspectives et nous initie à l’avenir.

Emmanuel Delannoy
L’ECONOMIE EXPLIQUEE AUX HUMAINS

Préface de Hubert Reeves

Editions Wildproject, collection « Sur le vif »
144 p., 16€
Paru en 2011
978-2-918490-15-9

Action Roosevelt 2012, pour un sursaut citoyen

11 mai 2012

Collectif Roosevelt 2012

Déjà plus de 45.000 citoyens engagés dans l’action menée par le collectif.

L’appel est clair : « contribuer à la formation d’un puissant mouvement citoyen, d’une insurrection des consciences qui puisse engendrer une politique à la hauteur des exigences » .  Stephane Hessel – Edgar Morin – Le chemin de l’espérance.

15 réformes pour changer la donne et en finir avec le capitalisme.

Le mot d’ordre : construire une nouvelle société !

Les 15 propositions de réformes :

  1. Diminuer très fortement les taux d’intérêt sur la vieille dette
  2. Créer un impôt européen sur les bénéfices des entreprises
  3. Mettre fin au sabordage fiscal national
  4. Boycotter les paradis fiscaux
  5. Limiter au maximum les licenciements
  6. Sécuriser les précaires
  7. Séparer les banques de dépôt et les banques d’affaires
  8. Créer une vraie Taxe sur les Transactions Financières
  9. Lutter contre les délocalisations
  10. Investir dans une vraie politique du logement
  11. Déclarer la guerre au dérèglement climatique
  12. Développer l’économie sociale et solidaire
  13. Négocier un autre partage du temps de travail
  14. Faire éclore la démocratie en Europe
  15. Négocier un vrai Traité de l’Europe sociale

Pour rejoindre le mouvement, cliquez ici.

Quand des entreprises sont mises en face de leurs contradictions concernant leur stratégie de partenariats

7 mai 2012

C’était lors de la dernière émission « Cash Investigation » sur le marketing vert, encore visible sur pluzz.fr (pas pour très longtemps encore).

L’émission est à voir absolument car cette enquête illustre parfaitement les pratiques partenariales de certaines entreprises qui s’achètent une image éthique à moindre frais. En effet, grâce à des partenariats avec des ONG, ou via leur fondation, ces entreprises financent des projets philanthropiques ou à forte valeur éthique du point de vue de leurs parties prenantes tout en continuant à avoir des pratiques de business qui ont un fort impact négatif que cela soit d’un point de vue social, environnemental ou sociétal.
C’est ainsi que le Crédit Agricole se fait épingler, tout comme Evian avec sa bouteille « verte »,  le WWF France qui distribue son panda (logo) dans des partenariats certes lucratifs mais pas toujours cohérents avec le projet de l’association et qui à terme risque de mettre en péril la crédibilité de cette institution, ou encore le label ISR Novethic (investissement socialement responsable) qui là encore laisse perplexe lorsque l’on regarde de plus près les entreprises qui apparaissent dans ce fonds.

Bref, cette émission a le mérite de nous interroger sur ces pratiques dites « éthiques », de « responsabilité sociétale des entreprises », ou encore philanthropiques pour lesquelles il n’existe en définitif aucune instance de contrôle indépendante. Les partenariats se font de gré à gré, en dehors de toute règle éthique élémentaire concernant la gouvernance, l’évaluation des projets et des actions ou encore la définition des objectifs de ces partenariats, car là est la véritable question : des partenariats pour quoi faire ?

Si pour certains utopistes, la réponse est de voir dans ces partenariats des opportunités de faire  évoluer des pratiques de business qui soient  sociétalement responsables,  les cyniques  y voient surtout une opportunité d’accroître leur business…

Punir les pauvres

21 février 2012

Un livre de Loïc Wacquant.

Misère de l’État social et grandeur de l’État pénal, lorsque l’État providence se mue en État pénitence.

« Guerre contre la pauvreté, guerre contre les pauvres, boucs émissaires de tous les maux majeurs du pays, désormais sommés de se prendre en charge sous peine de se voir infliger une volée de mesures punitives et vexatoires destinées à les ramener dans le droit chemin de l’emploi précaire. »

Un livre d’actualité, qui fait réfléchir. À lire !

Le blog de la consommation collaborative

13 février 2012

Plateforme de la consommation collaborative ou comment trouver de l’information et de la mise en relation vers des sites internet qui proposent de nouvelle façon de faire… acheter groupés, échanger, troquer, donner, louer bref consommer autrement….

Les 100 sites de consommation

Mobilisation samedi 11 février contre l’ACTA – Accord commercial anti-contrefaçon

8 février 2012

Article parut dans Libération par Romain Gaillard

« L’accord international de lutte contre la contrefaçon, l’ACTA, a été signé jeudi 26 janvier à Tokyo par les représentants de 22 pays européens ainsi que par ceux de l’Union européenne et de douze autres pays. Ce texte négocié dans le plus grand secret depuis plus de 5 ans devrait être soumis au vote du Parlement européen en juin, pour une ratification qui devrait donner lieu à quelques débats enflammés. Les partis S&D et les Verts Européens dénoncent la « mascarade » et annoncent qu’ils ne voteront pas ce texte, alors que le PPE (droite, majoritaire) se félicite de ce « bouclier pour l’économie européenne ». Et si une majorité se dégage, elle sera faible. Mais une fois signé, la vocation du texte est d’être ratifié et, s’agissant d’un traité mixte, traduit en droit interne par les législateurs des pays membres.

« Je tiens à dénoncer de la manière la plus vive l’ensemble du processus qui a conduit à la signature de cet accord : non association de la société civile, manque de transparence depuis le début des négociations, reports successifs de la signature du texte sans qu’aucune explication ne soit donnée, mise à l’écart des revendications du Parlement européen pourtant exprimées dans plusieurs résolutions de notre assemblée. » Rapporteur démissionnaire du texte, Kader Arif (S&D, opposition) n’a pas de mots assez durs pour qualifier la voie choisie par les négociateurs. Il déplore la procédure accélérée par laquelle le PPE a coupé court au débat, et pose trois questions sur le fond du traité :« […] Son impact sur les libertés civiles, les responsabilités qu’il fait peser sur les fournisseurs d’accès à internet, les conséquences sur la fabrication de médicaments génériques ou le peu de protection qu’il offre à nos indications géographiques. » Il condamne la remise en cause par ACTA de la possibilité laissée aux pays émergents par les accords TRIPS de produire des médicaments tombés dans le domaine public : la substance du texte ferait naître une insécurité juridique dans le secteur du commerce international de génériques, l’article 16 permettant aux ayants droit de faire « suspendre la mise en libre circulation de marchandises suspectes » sans préciser à quelles conditions (mais sur ce dernier point, la France assure que des mesures de sauvegardes ont été prises en excluant les brevets du chapitre mesures aux frontières).

Du coté des Verts, les blocages sont, à de sensibles différences près, les mêmes. « Cet accord renforce le pouvoir des grands groupes comme Monsanto ou Microsoft face aux agriculteurs ou aux créateurs de logiciels libres. » On insiste sur le fait qu’il aboutit à la « marchandisation du vivant », à sa « brevetabilité », que les lobbies agro-industriels et pharmaceutiques ont eu voix au chapitre alors que la société civile n’était pas représentée à la table des négociations. Un recours pourrait être introduit devant la Cour de justice des Communautés européennes, à l’initiative du parti des Verts Européens. Les associations et autres acteurs non-institutionnels ne sont pas en reste. ActUp proteste et lance une campagne de mobilisation (du 6 au 10 février) contre les négociations entre l’Inde et l’UE, au cours desquelles le gouvernement indien est fortement incité à rejoindre le traité ACTA alors que celui-ci risque de nuire aux intérêts des malades. L’ONG Reporters sans frontières juge que son adoption pourrait menacer la liberté d’expression et d’information.

Le traité ACTA, en s’attaquant aux contenus multimédias en ligne, a soulevé un tollé et de vives oppositions à travers les pays concernés. L’ambassadrice de Slovénie au Japon, obéissant à sa mission de représentation, a signé le texte, avant d’admettre sur sa page Facebook qu’il s’agissait d’une « négligence civique ». Dans un communiqué publié sur Internet, elle présente des excuses publiques, expliquant avoir « failli à son devoir citoyen en accomplissant sa tâche officielle », opposant ainsi ses convictions personnelles et son mandat d’ambassadeur. Elle reconnait par ailleurs avoir signé sans vraiment comprendre la portée du texte, et regrette un texte qui « limite la liberté d’entreprise sur le plus grand et le plus important réseau dans l’histoire de l’humanité ».

En Pologne, pays dans lequel l’opposition au projet est la plus forte, des manifestations rassemblant des milliers de personnes ont entouré la signature du traité. Le ministre du numérique Michal Boni a proposé sa démission au premier ministre Donald Tusk qui l’a refusée. Le chef du gouvernement a fini par annoncer que si il s’avérait être « un danger pour la liberté », le texte ne serait pas ratifié, mais sans donner de garanties.

En France, malgré des manifestations dans plusieurs villes et la menace de nouvelles actions de piratage informatique sous la bannière Anonymous, le gouvernement assume le texte signé, vante même ses avancées et les garanties offertes aux libertés publiques. Au quai d’Orsay, on l’affirme : « Cet accord ne porte aucunement atteinte aux libertés individuelles. […] La France s’est par ailleurs mobilisée pour que cet accord soit négocié de manière aussi transparente que possible ».

L’accord sera probablement voté en catimini au Parlement Européen en juin par la majorité PPE, mais aura beaucoup plus de mal à passer discrètement dans les pays signataires. Les opposants chercheront sans aucun doute à cette occasion à mobiliser les citoyens et faire plier leurs représentants dans le sens d’une nouvelle négociation du texte.

Donc mobilisation générale samedi 11…. pour connaître les lieux de rassemblement, c’est ICI

Pour + d’infos voir le site traite acta

Rudolf Rocker… d’actualité

3 février 2012

« Le sinistre développement de notre système économique actuel, qui conduit à une formidable accumulation de la richesse entre les mains de minorités privilégiées et à un appauvrissement constant de la grande masse des gens […] a sacrifié l’intérêt général de la société humaine aux intérêts privés d’individus et il a de la sorte systématiquement mis à mal les relations entre les êtres humains.
Les gens ont oublié que l’industrie n’est pas une fin en soi et qu’elle ne doit être qu’un moyen pour assurer aux humains leur subsistance matérielle et leur permettre d’accéder aux bienfaits de la haute culture intellectuelle. Le règne de l’impitoyable despotisme économique commence là où l’industrie est tout et l’être humain n’est rien et il est aussi désastreux que n’importe quel despotisme politique.  Les deux proviennent de la même source et s’alimentent mutuellement. »

Un extrait du livre ci-dessous qui date de 1938 ! À lire…